Métiers de la RSE : transmettre aux générations futures

Métiers de la RSE : ce que les questions des jeunes révèlent de nos entreprises

Trente minutes. C’est le temps d’un trajet de bus, d’une pause déjeuner expédiée, d’un épisode de série.

C’est aussi, j’en ai fait l’expérience cette année, le temps qu’il faut pour transmettre l’essentiel d’un métier-passion à quelqu’un qui se demande quoi faire de sa vie professionnelle. Depuis que j’ai ouvert mon agenda aux étudiants et aux jeunes en orientation via la plateforme My Job Glasses, je reçois en visio des jeunes que je n’aurais jamais croisés autrement. Et leurs questions m’ont appris autant sur nos entreprises que sur eux.

Cet article, je l’écris pour eux et pour tous ceux qui se posent les mêmes questions à 25, 35 ou 50 ans. Parce que les métiers de la RSE (responsabilité sociétale des entreprises) ne sont pas réservés aux initiés : c’est un champ professionnel en pleine construction, qui a besoin de toutes les générations.

Les trois questions qui reviennent souvent dans les rendez-vous

Quel parcours pour travailler dans la RSE ?

« Quel a été votre parcours pour arriver à la RSE ? » : c’est presque toujours la première question. Et ma réponse surprend à chaque fois : je ne viens pas de l’écologie, je viens du chiffre. Des années d’audit et de commissariat aux comptes avant de faire de la responsabilité sociétale mon métier — j’ai raconté cette bascule ici.

Ce que les jeunes entendent derrière cette réponse, c’est une bonne nouvelle : il n’existe pas de voie royale vers les métiers de la RSE. On y arrive par la finance, le droit, les ressources humaines, la qualité, la communication, l’ingénierie… Et c’est précisément ce qui fait la richesse de ce métier : la durabilité a besoin de profils qui comprennent le fonctionnement réel des organisations, pas seulement de convaincus de la première heure.

Les métiers de la RSE recrutent-ils vraiment ?

« Est-ce que les entreprises cherchent vraiment cette compétence ? » Question de génération pragmatique et la réponse est documentée. D’après le rapport Global Green Skills 2025 de LinkedIn (décembre 2025, données de 84 pays), la demande de compétences en durabilité croît plus vite que l’offre : les recrutements de profils « verts » ont progressé de 7,7 % entre 2024 et 2025, quand la diffusion de ces compétences dans la population active ne progressait que de 4,3 %. Les personnes qui possèdent ces compétences affichent un taux d’embauche supérieur de 46,6 % à celui du marché global.

Le chiffre que je trouve le plus parlant pour un jeune en orientation : en 2025, plus de la moitié (53 %) des recrutements de profils à compétences durables se font sur des postes dont l’intitulé n’a rien de « vert ». Contrôleur de gestion, acheteuse, responsable qualité, chargé de clientèle : la durabilité ne crée pas seulement des métiers spécialisés, elle s’invite dans tous les métiers existants. En France, la dynamique réglementaire, avec la directive CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) pour les grandes entreprises, la norme volontaire VS (ex-VSME) pour les PME, transforme cette tendance en besoin concret, y compris dans les petites structures : c’est exactement ce que nous constatons dans nos accompagnements RSE/ESG.

Quelles compétences pour travailler dans la RSE ?

« Quelles compétences faut-il avoir en plus ? » Ma réponse tient en une idée : le profil hybride gagne. La compétence RSE doublée à une autre compétence ; c’est l’alliage qui compte. Quatre ingrédients reviennent dans toutes mes missions : comprendre les chiffres (un bilan, un indicateur, une donnée d’émissions se lisent comme un compte de résultat) ; connaître les bases réglementaires sans en devenir esclave ; savoir écouter et vulgariser, parce que la RSE est un métier de traduction entre des mondes qui ne se parlent pas ; et accepter la conduite du changement, car on transforme des habitudes, pas des tableurs.

Mon conseil aux jeunes et aux moins jeunes en reconversion : ne partez pas de zéro. Partez de votre métier d’origine, et ajoutez-y la durabilité. C’est l’itinéraire le plus court, et le plus crédible aux yeux des recruteurs.

Non, la RSE ce n’est pas « que » l’environnement

S’il y a une idée reçue que ces rendez-vous m’ont confirmée, c’est celle-là. Pour une large majorité des jeunes que je rencontre, RSE = écologie. Point.

Les métiers de la RSE ne se limitent pas à l'environnement : schéma des 7 questions centrales ISO 26000 (gouvernance, droits de l'Homme, conditions de travail, environnement, loyauté des pratiques, consommateurs, communautés)

Ils ne sont pas les seuls : beaucoup de dirigeants font le même raccourci. La réalité est plus vaste. La norme internationale ISO 26000 — une norme sous-estimée dont j’ai déjà parlé ici — structure la responsabilité sociétale autour de sept questions centrales : la gouvernance de l’organisation, les droits de l’Homme, les relations et conditions de travail, l’environnement, la loyauté des pratiques, les questions relatives aux consommateurs, et les communautés et le développement local.

L’environnement n’est donc qu’une dimension sur sept. Dire cela à un jeune, c’est souvent provoquer un déclic : celui ou celle qui se passionne pour la justice sociale, l’éthique des affaires ou les droits humains a toute sa place dans la RSE, même sans fibre naturaliste. Et pour un dirigeant de PME, c’est le même déclic : la RSE n’est pas réservée aux multinationales ni aux entreprises « vertes ».

Ce que ces trente minutes m’apprennent, à moi

Je dois être honnête : au début, je doutais. Qu’est-ce qu’on transmet réellement en trente minutes de visio, ou d’appel téléphonique, entre deux rendez-vous clients ?

Puis les échanges se sont accumulés, et le déclic est venu de leur côté de l’écran ou du téléphone. Un métier peut se transmettre en trente minutes, pas sa technique, bien sûr, mais son sens : pourquoi on se lève le matin, à quoi ressemble une journée, ce qui est difficile, ce qui nourrit. C’est exactement ce que cette génération vient chercher : d’après le Baromètre Talents 2025 (EY et SKEMA Business School, mars 2025, 842 étudiants interrogés), 88 % des étudiants attendent de leur futur employeur un engagement écologique fort. Une attente massive, mais qui ne trouve presque jamais, dans leur parcours, un interlocuteur en chair et en os pour la confronter au réel.

C’est là que nous, professionnels, avons un rôle à jouer. La transmission aux générations futures ne demande ni budget, ni programme, ni service dédié. Elle demande trente minutes et un agenda entrouvert.

La clé d’action : entrouvrez votre agenda

Si vous êtes dirigeant, dirigeante ou professionnel de n’importe quel métier : une rencontre par mois avec un jeune en orientation, c’est douze vocations éclairées par an et, je vous le garantis, un regard neuf sur votre propre métier à chaque échange. Des plateformes comme My Job Glasses rendent cela très simple.

Si vous êtes jeune (ou en reconversion) et que la RSE vous attire : osez demander ces rendez-vous. Les trois questions de cet article sont un excellent point de départ et vous verrez que les professionnels répondent bien plus volontiers qu’on ne l’imagine.

La transmission fait partie des engagements que Nouvel Envol a formalisés dans sa propre démarche RSE. Pas par posture : parce qu’un secteur qui ne transmet pas est un secteur qui s’éteint.

Et si c’est votre entreprise qui a besoin de monter en compétence sur ces sujets — dirigeants comme équipes — c’est précisément notre métier : sensibilisation et formation, accompagnement RSE sur mesure. Découvrez nos services ou écrivez-nous : le premier échange est toujours le plus simple.

En bref — trois réponses rapides sur les métiers de la RSE

Peut-on travailler dans la RSE en reconversion, sans diplôme spécialisé ?

Oui, c’est même le chemin le plus fréquent. Le plus efficace est de partir de son métier d’origine (finance, RH, qualité, droit, communication…) et d’y ajouter la compétence durabilité, plutôt que de repartir de zéro.

La RSE est-elle un secteur qui recrute en 2026 ?

Oui : la demande de compétences en durabilité croît presque deux fois plus vite que l’offre de profils formés, et plus de la moitié des recrutements concernent des postes « classiques » qui intègrent la durabilité (LinkedIn, Global Green Skills Report 2025).

La RSE, c’est uniquement de l’environnement ?

Non. Selon la norme ISO 26000, l’environnement n’est qu’une des sept questions centrales de la responsabilité sociétale, aux côtés de la gouvernance, des droits de l’Homme, des conditions de travail, de la loyauté des pratiques, des consommateurs et des communautés.

Sources

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