Croissance économique durable

đŸŒ± Repousser les limites du PIB : quand le SĂ©nat relance le dĂ©bat sur le modĂšle de croissance Ă©conomique

🧭 Â« Repousser les limites de ce que nous appelons “croissance” n’est pas renoncer Ă  l’avenir. C’est en redĂ©finir le sens. »

Cette phrase pourrait ĂȘtre tirĂ©e d’un manifeste philosophique. Elle est en rĂ©alitĂ© au cƓur d’un rapport sĂ©natorial français qui a fait grand bruit en fin d’annĂ©e 2025. Ce texte propose de repenser le modĂšle de croissance Ă©conomique traditionnel, basĂ© presque exclusivement sur le produit intĂ©rieur brut (PIB), pour en faire une notion plus proche des dĂ©fis sociaux, Ă©cologiques et territoriaux de notre temps.

Pour comprendre ce que cela signifie et pourquoi c’est une excellente nouvelle pour les stratĂ©gies RSE/RSO, il faut entrer dans le dĂ©tail du rapport, de ses recommandations et de ce qu’il suggĂšre pour les acteurs Ă©conomiques, publics et privĂ©s.


📉 Croissance : un modùle à bout de souffle ?

Pour des gĂ©nĂ©rations, le PIB a Ă©tĂ© le principal indicateur de performance d’une Ă©conomie. Plus il augmente, plus le pays est “en bonne santĂ©â€, selon cette logique. Pourtant, depuis plusieurs dĂ©cennies, de nombreuses voix remettent en cause cette approche :

  • Le PIB ne prend pas en compte le capital naturel ni les dĂ©gradations environnementales ;
  • Il ne mesure pas la redistribution des richesses ni l’égalitĂ© sociale ;
  • Il ignore la qualitĂ© de vie et le bien-ĂȘtre des populations.

Ce constat a conduit Ă  des critiques thĂ©oriques et pratiques notamment dans le rapport Stiglitz‑Sen‑Fitoussi mandatĂ© Ă  l’origine par Nicolas Sarkozy pour repenser les indicateurs de performance Ă©conomique, qui recommandait dĂ©jĂ  d’aller au‑delĂ  du simple PIB. 

Aujourd’hui, le rapport sĂ©natorial s’inscrit pleinement dans cette logique : au lieu de considĂ©rer la croissance Ă  tout prix, il appelle Ă  un modĂšle qui donne une finalitĂ© plus large Ă  l’activitĂ© Ă©conomique.


🧠 Vers une « post‑croissance » : redĂ©finir la finalitĂ© Ă©conomique

Le rapport souligne que l’équation traditionnelle croissance/richesse = progrĂšs est dĂ©passĂ©e. Les auteurs recommandent un narratif Ă©conomique centrĂ© sur la soutenabilitĂ©, la rĂ©duction des inĂ©galitĂ©s et la robustesse des systĂšmes productifs.

Ce qu’ils proposent :

đŸ”č Des indicateurs Ă©largis

Mesurer la performance économique ne doit plus se réduire à la croissance du PIB. Il faut intégrer :

  • le capital naturel (la qualitĂ© des sols, de l’eau, de l’air),
  • la santĂ© publique,
  • la cohĂ©sion sociale et la rĂ©duction des inĂ©galitĂ©s,
  • la rĂ©silience des territoires.

đŸ”č Une gouvernance rĂ©novĂ©e

Le rapport plaide pour :
👉 renforcer l’évaluation ex ante (avant les politiques),
👉 et ex post (aprùs mise en Ɠuvre),
afin de mieux guider les choix publics et privĂ©s, et d’aligner les prioritĂ©s avec les objectifs de transition Ă©cologique et sociale. 


đŸ”č Un outillage des collectivitĂ©s

Les collectivitĂ©s locales et rĂ©gionales sont vues comme des maillons essentiels de cette transformation : elles doivent disposer d’outils d’ingĂ©nierie, de suivi et d’évaluation pour conduire des trajectoires de dĂ©veloppement soutenable et adaptĂ©e Ă  leurs rĂ©alitĂ©s.


đŸ”č Un post‑croissance, pas dĂ©croissance

Le rapport ne propose pas une décroissance brutale, mais une transition vers des valeurs économiques différentes :
✔ compĂ©titivitĂ© raisonnĂ©e, ✔ bien‑ĂȘtre social, ✔ santĂ© du vivant.
Ce que certains qualifient de post‑croissance : une Ă©conomie qui ne croĂźt pas pour croĂźtre, mais pour durer.


📊 Pourquoi c’est important pour la RSE

Pour ceux qui travaillent sur les dĂ©marches ResponsabilitĂ© SociĂ©tale des Organisations (RSO/RSE), ce rapport rĂ©sonne comme un appel Ă  aligner enfin les discours et les outils.

👇 Quelques implications concrùtes :

1ïžâƒŁ RedĂ©finir la valeur

La RSE n’est pas seulement une dĂ©marche de compliance ou de communication.
Elle devient une mesure de performance intĂ©grĂ©e, qui dĂ©passe le court terme et enrichit les dimensions sociales, environnementales et culturelles.

âžĄïž On passe d’une logique de « croĂźtre toujours plus » Ă  une logique de « crĂ©er de la valeur durable pour tous ».


2ïžâƒŁ Adopter des indicateurs robustes

Les entreprises doivent dĂ©sormais penser leurs indicateurs autour de l’impact — pas uniquement du revenu :

  • empreinte carbone,
  • Ă©galitĂ© des chances,
  • contribution territoriale,
  • qualitĂ© de vie au travail,
  • bien‑ĂȘtre collectif.

Ces dimensions sont au cƓur de la RSE et au centre des recommandations du rapport. 

Tableau de bord

3ïžâƒŁ Transformer la gouvernance

Une RSO qui fonctionne implique :
📍 la prise en compte des parties prenantes,
📍 des Ă©valuations rigoureuses,
📍 de la transparence,
📍 un pilotage durable.

Cela rejoint les nouvelles attentes de gouvernance publique mises en avant par le Sénat.


4ïžâƒŁ Aligner les stratĂ©gies publiques et privĂ©es

Le rapport met aussi l’accent sur l’alignement entre politiques publiques, financements et trajectoires de transition.
Pour les organisations qui accompagnent (collectivitĂ©s, entreprises, ONG, fondations), c’est un signal fort : la RSE doit ĂȘtre le cƓur de la stratĂ©gie, pas une fenĂȘtre latĂ©rale.


🌍 Pour les territoires : une opportunitĂ©, pas une menace

Un des aspects les plus passionnants du rapport est son appel Ă  considĂ©rer les territoires comme des moteurs de changement.
Localement, les collectivités ont une connaissance fine des besoins sociaux, environnementaux et économiques. Elles peuvent incarner :

  • des politiques publiques RSE cohĂ©rentes,
  • des stratĂ©gies d’innovation sociale,
  • des circuits Ă©conomiques responsables,
  • des dĂ©marches d’économie circulaire,
  • des programmes d’adaptation climatique.

Ce rĂŽle renforce l’idĂ©e que la transformation vers une Ă©conomie plus soutenable n’est pas seulement nationale, mais Ă©galement territoriale et collaborative, ce qui est au cƓur des dĂ©marches que nous menons chez Nouvel Envol.


💬 DĂ©fis et limites : un Ă©quilibre Ă  trouver

Le rapport n’est pas naĂŻf : il reconnaĂźt que cette transformation doit se faire sans dĂ©stabiliser l’emploi, le pouvoir d’achat ou les investissements productifs Ă  court terme.

Pour concrétiser ces orientations, il faudra :

  • des plannings ambitieux mais rĂ©alistes (2025–2030–2040),
  • des outils mĂ©thodologiques robustes,
  • des capacitĂ©s d’ingĂ©nierie sur le terrain,
  • et une intelligence stratĂ©gique des transitions.

đŸŒ± Quelle place pour les organisations RSE ?

Ce rapport ouvre une fenĂȘtre inĂ©dite : il invite les organisations Ă  penser la performance autrement.

Pour une entreprise ou une collectivité, cela signifie :
✔ intĂ©grer des indicateurs de bien‑ĂȘtre et de rĂ©silience,
✔ mieux comprendre leurs externalitĂ©s environnementales (impact sur le vivant),
✔ valoriser la crĂ©ation de valeur immatĂ©rielle (confiance, rĂ©putation, cohĂ©sion sociale),
✔ et s’engager dans une logique de long terme.

En d’autres termes, il s’agit d’aligner stratĂ©gie Ă©conomique et responsabilitĂ©s cosmopolites. C’est exactement ce que nous accompagnons chez Nouvel Envol : des dĂ©marches RSE qui dĂ©passent les cases et s’ancrent dans la rĂ©alitĂ© des organisations.


đŸ“© En conclusion : un tournant historique

Ce rapport sĂ©natorial n’est pas seulement une critique de la croissance ;
c’est une invitation Ă  imaginer un modĂšle qui soit plus humain, plus Ă©cologique, plus juste.
Un modĂšle qui replace le vivant, le social, l’humain au centre de nos choix Ă©conomiques.

Ce n’est pas dĂ©croĂźtre pour dĂ©croĂźtre.
C’est croĂźtre autrement.


📚 Sources


📖 Pour aller plus loin

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